21 juin 2003, 16h

fête de la musique acousmatique

dans le cadre de la résidence du compositeur Denis Dufour

 

 

 

Jonathan Prager interprétera trois œuvres, sur le nouvel l'Acousmonium Motus inauguré à cette occasion, dispositif sophistiqué de cinquante haut-parleurs :

Pour en finir avec le pouvoir d'Orphée, de Bernard Parmegiani
1971, révision 1979, 23'27
création le 3 août 1972 à Avignon, au Cloître des Célestins dans le cadre du 28è festival

Légende, opus 68, de Denis Dufour
1991 - 2002, 25'45
réalisation au studio Motus
création à Aix en Provence le 27 juin 2002 dans le cadre du festival Microfolies (Aix en Musiques)
par Jonathan Prager sur l'Acousmonium de l'Ina-GRM

Bocalises (petite suite), opus 7, de Denis Dufour
1977, 19'02''
réalisation au studio 116C de l'Ina-GRM
création à Pau le 2 décembre 1977 au grand amphithéâtre de la Faculté des Lettres, projection du son François Bayle
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Denis Dufour
Légende, opus 68

œuvre acousmatique sur support audio stéréo
1991-2002
25'45
réalisation au studio Motus
création à Aix en Provence le 27 juin 2002 dans le cadre du festival Microfolies (Aix en Musiques)
par Jonathan Prager sur l'Acousmonium de l'Ina-GRM.
Esquissée en mars-avril 1991 sous le numéro d'opus 68 et achevée en juin 2002, Légende est une suite pour le concert dont les dix mouvements tirent leur matériau du mélodrame acousmatique Notre besoin de consolation est impossible à rassasier composé en 1989 sur le texte éponyme de Stig Dagerman.

1. 4'13
2. 0'24
3. 2'49
4. 1'25
5. 1'15
6. 4'29
7. 1'26
8. 0'52
9. 5'11
10. 2'03

Dans l'un de ses derniers textes, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Stig Dagerman, météorite suédois de la littérature du XXè siècle, traqué par la dépression, se livre à toutes les tendances de l'âme humaine et délibère, branché sur les courants bienfaisants d'une embellie temporaire, sur les raisons qu'un homme, un écrivain a de désespérer ou de croire qu'une vie libre est possible.

L'œuvre de Denis Dufour, véritable film sonore intérieur, retrace un itinéraire philosophique et émotionnel singulier, celui d'un être tourmenté par le doute et qui cherche le pardon à travers un voyage au-delà des illusions - et des désillusions - communes à tous les hommes, sur une terre lavée par l'orage, pleine de poésie et de frémissement. Par une "mise en scène" d'une exceptionnelle clarté, le musicien anime le discours à la fois universel et intime du poète avec des échos et une dramaturgie qui ne peuvent laisser indifférent.
Jérôme Nylon

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Bocalise (petite suite) opus 7
support audio stéréo
1977
19'02"
réalisation au studio 116C de l'Ina-GRM
création à Pau le 2 décembre 1977 au grand amphithéâtre de la Faculté des Lettres, projection du son François Bayle.
Disque ACCORD Una Corda 202222 (épuisé)
"Denis Dufour / Messe à l'usage des vieillards-Bocalises- Suite bleue", 1992
9 Répertoire, 5 Diapason, 4 Monde la musique
1. Introduction 0'46"
2. Prélude 1'13"
3. Hésitation I 2'33"
4. Bris 3'26"
5. Interlude 0'30"
6. Fragmentation 3'28"
7. Coulée 1'14"
8. Hésitation II 2'12"
9. Interlude 0'47"
10. Final 2'23"

Dans une succession de dix mouvements, cette suite déroule des variations quasi vocales (dont on trouvera plus tard un écho plus clair encore dans les Mélodies acousmatiques) sur un unique matériau obtenu par divers jeux sur des bocaux de verre ; chacune des parties illustre une opération "classique" du studio, allant du simple mixage de séquences "jouées" aux superpositions de boucles, des transpositions et des montages à des jeux de fragmentation assez virtuoses.
Un prélude et deux Interludes ponctuent calmement par des tic-tac lointains les hésitations ou les rythmes clairs, les gestes assurés ou imprévisibles.
Cette œuvre a obtenu le premier prix au concours international de composition Luigi Russolo à Varese (Italie) en 1979.
Jérôme Nylon

…Les bris, les fêlures, on les sent comme des coups assénés à la raison pourtant, comme des exagérations d'une expérience enfantine : "Poil de carotte jouait à rien sous la table", disait Jules Renard. Denis Dufour joue le tout pour le tout, un peu fou, mine de rien, et nous donne à goûter une désintégration furieusement ordonnée qui réclame à nos sens le don de leur propre immolation.
Thomas Brando

A propos du 4ème mouvement "Bris" :
Une performance d'organisation formelle, cette libre et complexe composition de Denis Dufour à partir d'éclats vitrifiés venus de chocs de bocaux de verre. Les roulades, batteries, scintillements, s'articulent solidement comme les pas d'un gymnaste en figures précises.
François Bayle

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Bernard Parmegiani
Pour en finir avec le pouvoir d'Orphée

œuvre acousmatique sur support audio stéréo
1971, révision 1979
23'27
création le 3 août 1972 à Avignon, au Cloître des Célestins dans le cadre du 28e festival.

1. Faire... 6'50''
2. Défaire... 2'11''
3. Kaléidoscope I 2'53''
4. Kaléidoscope II 4'23''
5. L'Oscillée 3'28''
6. Unisson des voix 3'40''

"En finir" ne fut en fait qu'un règlement de compte avec certains choix stylistiques, certaines formes trop familières. Ici, la cinétique des sons ne se manifestait plus à travers des masses ou des agglomérats mais à travers des unités sonores douées chacune d'un mouvement interne : superpositions de trajectoires, cycles avec évolution des timbres.

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Bernard Parmegiani
né en 1927 à Paris
C'est en 1959 qu'il entre au GRM, où sous la direction de Pierre Schaeffer il suit pendant deux années le stage de musique électroacoustique. En 1962, il aborde sa première pièce Violostries qui fera l'objet d'une chorégraphie parmi les plus importantes du Ballet-Théâtre contemporain d'Amiens dirigé par Jacques-Albert Cartier.
Pierre Schaeffer lui confie la responsabilité du secteur Musique-Image. Il entre alors en relation avec des cinéastes et compose la musique de courts et longs métrages réalisés par René Lapoujade, Peter Foldès, Piotr Kamler, Vladimir Borowczyck, Pierre Kast, Jacques Baratier, Peter Kassovitz, etc. Il étend ses recherches à l'art vidéo au cours d'un voyage aux USA effectué grâce à une bourse du Ministère de la Culture. A son retour, il réalise trois vidéos musicales : L'œil écoute (1973), L'écran transparent (1973) à la WDR de Cologne et Jeux d'artifices (1979) au Service de la Recherche de l'ORTF.

Outre la réalisation de génériques (France-Culture, France-Musique, Antenne 2, Aéroport de Roissy…) et de musiques dramatiques destinées à la radio, à la télévision, au cinéma ou à la chorégraphie, il compose une cinquantaine de pièces musicales dont la plupart sont acousmatiques, quelques unes mixtes, d'autres étant des actions musicales où interviennent interprètes, acteurs-instrumentistes.
Programmées dans les festivals internationaux et concerts outre-atlantique, certaines de ses œuvres reçoivent des distinctions : prix de l'Académie du disque français (1979), prix de la Sacem (1981), Victoire de la musique (1990), prix Magisterium au concours international de Bourges (1991).

" Si à l'aide de quelques mots on devait ponctuer mon itinéraire musical depuis les années 60, ce serait à travers quelques œuvres telles que Violostries (1965), Capture Ephémère (1968), De natura sonorum (1975), Plain-temps (1993) ou encore La mémoire des sons (2000-01). L'instantanéité de l'éphémère, la mobilité entre le temps et l'instant, la métamorphose à travers le répétitif, la rencontre entre les sources sonores naturelles et artificielles : autant de plates-formes à partir desquelles se sont organisés par la suite mes différents périples musicaux.
Et l'unique révélateur de ce territoire fut constamment l'orchestre de haut-parleurs. Loin de les faire oublier, je les ai, au contraire, parfois confondus volontairement avec des personnages dont le face à face continuel m'a, par goût d'anthropomorphisme, conduit à les considérer comme les acteurs provisoires de jeux musicaux - Trio, Mess Media Sons, Démons et des mots. Ces jeux de confrontation avec de vrais acteurs m'ont eux aussi révélé la qualité d'un espace étendu entre la membrane des haut-parleurs et celle de nos oreilles. Cet espace-là est bien celui de la musique acousmatique que je pratique depuis 1960 ". (B. P., février 2001)

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Jonathan Prager
élève de la classe de composition acousmatique du conservatoire national de Lyon,
assistant de Denis Dufour au conservatoire de Perpignan
interprète de musique acousmatique et responsable du studio Piscine à Tokyo à Lyon

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