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Classe de CAPA Production horticole et aménagement
paysager
Du 22 au 26 octobre 2001
BILAN
Durant cette semaine, j'ai cherché à
rapprocher les élèves du lieu qui les
a accueilli :
Par une approche directe de l'environnement par la recherche
et l'usage de ses matériaux. Utilisation de matériaux
naturels aussi bien que d'objets trouvés sur
place.
Par une approche plus distanciée par une réflexion
sur le regard au moyen d'un instrument de vision : le
cadre.
Les différentes activités ont oscillé
entre intérieur et extérieur.
Nous avons débuté le séjour en
abordant la notion d'assemblage, de récupération
comme procédé d'action et de constitution
d'une image ou d'un volume. Manipuler des matières
qui " habituellement ne servent pas à l'art
" : matières terreuses, champignons, feuilles
d'arbres mais aussi débris divers, matières
plastiques
A partir de ce matériel hétéroclite,
les élèves ont dû composer un assemblage,
l'intégrant dans une composition prenant la forme
d'un visage. Cet exercice a donné naissance à
une série de portraits tour à tour imaginaires
et caricaturaux, (un champignon qui vaut pour un nez
proéminent, pour une bouche charnue
)
La plupart des portraits se sont ainsi davantage constitués
d'après une image mentale ou la connaissance
de leur camarade que d'après une observation
objective.
Remarque : un seul portrait est représenté
de profil, tous les autres sont de face.
La majorité des élèves a gardé
dans cet exercice le réflexe du dessin : ils
représentent le visage par les contours. Pas
d'études de surfaces, le blanc du papier reste
très présent. Il est intéressant
de noter toutefois que certains portraits tendent vers
le volume ( détournement d'un gant de jardinier
qui se retrouve structure de base du visage) ou s'éloignent
de la représentation par l'absence de structures
définies, hésitant entre paysage et visage.
Je leur ai demandé par la suite d'adopter cette
démarche de ré-appropriation et de détournement
à partir d'un objet ramené de chez eux
ou trouvé sur le site de Kerguéhennec.
Ce dernier s'est apparenté le plus souvent à
des débris d'emballages plastiques (bouteilles
d'eau), et d'emballages carton (boîtes, paquets
de biscuits vides) ; en somme toutes sortes d'objets
de fin d'usage.
Cet exercice s'est révélé beaucoup
plus difficile que le précédent car construire
quelque chose à partir d'un objet déjà
constitué et se détacher de sa fonction
usuelle les a beaucoup handicapé. Sa simple présence
freinait toute projection plastique. Quelques manipulations
et réflexions plus tard ont donné lieu
à des créations très intéressantes
:
A plusieurs reprises des maquettes, ayant pour noyau
l'objet récupéré, masqué,
recouvert par du plâtre ou du carton.
Dans d'autres travaux, l'objet est l'un des éléments
constitutifs de la construction et permet un début
de narration : une chemise cartonnée maintenue
entre ouverte devenant un petit espace de représentation
théâtral, une botte de caoutchouc qui placée
habilement dans le parc de Kerguéhennec devient
la source de l'ancien lavoir
Une activité a permis de retenir de l'objet
une autre propriété : celle de faire des
ombres.
L'activité s'est ainsi déroulée
en intérieur et dans le noir. Chaque élève
déposant sur une feuille de papier un objet et
faisant apparaître des ombres au moyen d'une lampe
de poche
Cette opération ayant pour but de stimuler leur
imaginaire en les laissant aller à reconnaître
et souligner par l'encre de chine les formes perçues
dans les ombres de l'objet . L'atmosphère de
cette mise en condition dans le noir a contribué
à rendre l'exercice incongru mais intéressant
pour les élèves.
Les dessins crées furent des chimères,
des personnages volants, des figures fantomatiques révélées
par un fond noir ou des choses beaucoup plus abstraites
de lignes mêlées et entrecroisées.
Au bas de la feuille, chaque dessin disait d'où
il était issu en donnant la liste des objets
l'ayant fait apparaître.
Pour bon nombre d'enfants, l'encre de chine leur a permis
de découvrir un matériau très séduisant
de par sa densité et sa maniabilité.
La dernière partie du séjour a suscité
le plus grand nombre de réticences au départ
et finalement la plus grande assiduité et les
plus grandes tentatives.
Cette dernière activité concernait une
expérience captive du paysage par le regard,
au moyen de cadres que les élèves devaient
fabriquer. Chacun devant rendre compte d'un point de
vue singulier du parc. L'absence de fabrication immédiate
et la faculté d'abstraction et de projection
que demandait l'exercice fut au premier abord rébarbatif
pour les élèves. Il a toutefois suscité
chez eux interrogation et recherche.
Reprenant le fait que le cadre est un élément
qui ouvre sur le paysage par une forme qui ferme, deux
élèves ont donné à leur
cadre l'apparence d'une fenêtre (" comme
si on regardait le paysage à travers une fenêtre
"). Tous n'ont pas conservé cependant la
forme rectangulaire et le caractère de rigidité
associés généralement au cadre
:
on a vu apparaître :
Un cadre amovible dont on pouvait gérer l'ouverture
et ainsi le champ de regard sur le paysage.
Des fils tendus entre deux arbres à la façon
d'une toile d'araignée mais laissant apparaître
au centre un " trou " ouvrant sur le paysage.
Un personnage " dessiné " en fils de
fer permettant " l'entrée du corps "
dans le paysage
Céline Cléron
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