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Fondazione Sandretto Re Rebaudengo

 



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Fondazione Sandretto Re Rebaudengo

14.X - 10.XII.2000

L’exposition-événement proposée en guise d’ouverture sera consacrée à la collection d’art contemporain de la Fondation Sandretto Re Rebaudengo. Basée à Guarene d’Alba, dans les environs de Turin, cette institution privée a réuni une collection exceptionnelle, marquée par un parti pris exigeant dans les quatre grandes directions suivies jusqu’à présent : la photographie italienne, l’art anglais, l’art californien et italien. A l’exception du fonds photographique, presque toutes les œuvres sont postérieures aux années soixante. La plupart ont d’ailleurs moins de dix ans d’âge comme la Fondation elle-même. La qualité de la collection révèle la sagacité du dialogue entre la présidente, Patrizia Sandretto Re Rebaudengo, et le directeur artistique, Francesco Bonami, critique et commissaire d’expositions influent, actuellement conservateur au Musée d’art contemporain de Chicago. La Fondation est parfois commanditaire d’œuvres monumentales et spectaculaires comme l’installation vidéo de Doug Aitken, Electric Earth, primée lors de la dernière Biennale de Venise.
Autre source d’enrichissement artistique, à Guarene d’Alba a lieu chaque été une exposition à l’issue de laquelle sont décernés deux prix, le prix de la Fondation et celui de la région du Piémont.


La photographie italienne, l’art anglais et californien représentés dans la collection ont déjà fait l’objet d’éditions et d’expositions thématiques bien documentées, comme lors de la dernière foire d’art contemporain de Madrid. C’est donc sur le fonds contemporain italien que le Domaine de Kerguéhennec portera son éclairage en avant-première d’une grande manifestation prévue en 2001 à Turin, où la fondation ouvrira un nouvel espace d’exposition sur 3000 m2. Derrière les figures de Maurizio Cattelan, Eva Marisaldi et Vanessa Beecroft, la jeune génération d’artistes italiens est en effet mal connue en dehors des frontières. C’est donc une exposition dossier, le compte rendu subjectif d’une situation, vue par un observateur privilégié, qui est proposée. Un point d’information qui révélera des préoccupations artistiques variées, souvent liées aux universaux thématiques de l’art : les éléments, le paysage, le corps, l’espace, l’architecture… Cet attachement aux grandes catégories thématiques fait d’ailleurs la particularité du positionnement de cette jeune génération, également ouverte aux questions sociales, mais toujours attachée à la dimension symbolique de l’art.


Notons une majorité de femmes parmi les artistes recherchées par la Fondation. Celles-ci sont plus promptes sans doute à s’émanciper de la tutelle de deux mouvements masculins en complète opposition dans l’Italie des trente dernières années : l’Arte povera, qui depuis la fin des années soixante privilégia la forme de l’installation, et la Trans-avant-garde, qui, dans les années quatre-vingt, campa sur le terrain de la peinture jusqu’à l’épuisement… Toutes les formes d’expression sont désormais possibles : peinture, vidéo, sculpture, photo, installation, performance… Toutes sont représentées dans la collection. Toutes seront présentes dans l’exposition. Certaines œuvres sont d’ailleurs inédites même en Italie.


Des ensembles monographiques ont été constitués, ils seront rassemblés. Et l’accrochage suivra un libre principe d’association. Stefano Arienti, engagé depuis plusieurs années dans une recherche sur la déconstruction de la peinture prenant souvent pour cible les œuvres impressionnistes, propose une nouvelle vision du jardin de Monet. Massimo Bartolini se met physiquement en scène dans un tableau de la condition humaine où le tragique le dispute au comique. Vanessa Beecroft manifeste une vision artificielle de la féminité et une approche renouvelée de la performance, d’ailleurs non incompatible avec son travail de peintre. Maurizio Cattelan et son humour grinçant et provocateur provoque par exemple la rencontre de l’étoile du berger et d’une enseigne de bar. Giuseppe Gabellone, qui expose actuellement à Guarene d’Alba, présente une spectaculaire nasse en rafia, qui n’avait pas pu être présentée lors de son exposition personnelle au Frac Limousin en début d’année. Luisa Lambri, qui partagea le lion d’or de la dernière Biennale de Venise avec quatre autres artistes italiens, présente ses photos d’architectures modernistes construites avec la rigueur d’un ingénieur. Margherita Manzelli aborde la peinture sur un mode traditionnel tout en convoquant des figures d’une morbidité inquiétante. Paola Pivi et Massimo Vitali jouent avec les foules. Gabrielle Basilico et Alighiero e Boetti, le plus indépendant des artistes de l’Arte Povera, font, dans cet inventaire, figure d’excentriques. Ils auront une présence discrète et inscriront une perspective historique dans l’exposition qui réunira également des travaux de Mario Airò, Simone Berti, Letizia Cariello,
Bruno Zanichelli, Italo Zuffi.

La Fondation Sandretto Re Rebaudengo et le Domaine de Kerguéhennec font chacun dialoguer l’art contemporain et l’environnement d’un château du xviiie siècle. Ce projet témoigne d’une
complicité nouée autour du jeune artiste
Giuseppe Gabellone.

Frédéric Paul



“L’idée de composer cette exposition autour d’œuvres d’artistes italiens de la collection de la Fondation Sandretto Re Rebaudengo n’est pas seulement un honneur, c’est aussi la reconnaissance de l’intérêt et de l’engagement investis par la Fondation par rapport à la scène italienne. En particulier, cette exposition souligne l’énergie démontrée par la jeune génération d’artistes italiens, une génération que la Fondation suit avec grande attention, non comme un simple phénomène local, mais comme partie intégrante de la scène internationale. Cette initiative constitue une opportunité importante, elle révèle tout le dynamisme du Domaine de Kerguéhennec, une institution clairement destinée à jouer un rôle majeur dans le débat international sur l’art contemporain.”

Patrizia Sandretto Re Rebaudengo
Francesco Bonami