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Gratture, Biffure & Incisure
"coupe dans la collection du FRAC Bretagne"
6 mai - 25 juin 2000

 



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Après l'acquisition du Domaine de Kerguéhennec par le Conseil général du Morbihan en 1972, le Fonds régional d'art contemporain Bretagne a été à l'origine de la conversion du Domaine vers l'art contemporain. Le parc de sculptures, par ses nombreux dépôts, témoigne largement de cet épisode historique.
L'exposition Gratture, Biffure & Incisure inaugure une nouvelle collaboration entre le centre d'art contemporain et le Frac. Ce nouveau cycle fera alterner projet thématique et présentation d'acquisitions récentes, au rythme d'au moins une exposition par an.
Le titre de l'exposition de printemps emprunte aux artistes François Morellet et Léa Lublin mais l'exposition réunira d'autres coups de griffes.

A mesure que le choix des œuvres ici réunies se précisait, une idée générale, un trait commun s'est en effet imposé : cette question de la trace, du repentir, de la déprédation volontaire… Grafiti chez Brassaï, marqueterie chez Duprat, compression et ligatures chez Hantaï, tronçonnage chez Knoebel, repeint chez Lavier, caviardage chez Léa Lublin, reprise énergique de fragment d'architecture chez Matta-Clark, asticotages divers et variés de la géométrie chez Morellet, collision chez Pinaud, labourage appliqué de la matière picturale, parcourue de sillons réguliers, chez Soulages, scarification chez Tal-Coat, déchirure et quasi dépècement de la surface colorée chez Villeglé, et, bien sûr, coup de rasoir ou perforation de la toile chez Lucio Fontana, figure emblématique ici représentée par un hommage de Ian Wallace, parti à la recherche des restes de l'atelier du fameux artiste italien.
L'acte créateur est un acte passionnel, même s'il est parfois programmé et exécuté à froid. Bien d'autres exemples peuvent être cités pour attester de cette coïncidence stridente, dans l'acte de création, des deux versants des passions : positif et négatif, épreuve et contre-épreuve. Ceci pour nous rappeler qu'une œuvre doit toujours porter, en elle et contre elle, les germes de la subversion.

Chacune des œuvres présentées dans cette exposition recouvre, prise séparément, une étendue expérimentale beaucoup plus vaste. Et loin de vouloir les aligner sur un propos thématique restrictif, la ligne de conduite, qui s'est imposée d'elle-même, a permis des rapprochements et voisinages surprenants d'artistes de générations et d'inspirations différentes.
Gratture, Biffure & Incisure sont donc à considérer, non sans malice, comme les trois protagonistes d'une aventure que l'exposition a la charge de raconter et dont les développements sont encore imprévisibles…